Retour accueil

"La banane: le fruit en or du Pacifique ?"


AffichebananiersCONFERENCE grand public
Jeudi 31 octobre 2013
18h00, auditorium de l'IRD, Anse-Vata

« La banane : le fruit en or du Pacifique? »
Valeurs scientifique, socio-économique et culturelle des bananiers du Pacifique Sud
Par Valérie Kagy, chercheure en physiologie végétale à l'IAC

Entrée libre, sans réservation

Alors que les défis à relever pour nourrir la planète en 2050 sont au cœur des débats internationaux, Valérie Kagy, chercheure en physiologie végétale à l'Institut agronomique néo-calédonien (IAC) propose une conférence autour des bananiers, la culture fruitière la plus importante dans le monde. Cette conférence intitulée « La banane : le fruit en or du Pacifique ?» se déroulera le jeudi 31 octobre 2013 à 18h, à l'auditorium de l'IRD. Outre l'histoire océanienne de cette plante voyageuse et l'importance culturelle de la banane en Mélanésie, Valérie Kagy évoquera les atouts scientifiques et socio-économiques des bananiers locaux alors que ses recherches ont montré une véritable originalité génétique dans les variétés néo-calédoniennes. Une aubaine, car face aux maladies, aux ravageurs et au changement climatique qui menacent le commerce mondial de la banane, la sélection de variétés plus robustes fait partie des pistes privilégiées pour continuer à produire ce fruit durablement.

Avec 106 millions de tonnes de fruits produits chaque année dans le monde, la banane est le fruit le plus consommé par les populations humaines et constitue, à l'échelle de la planète, une source de sécurité alimentaire pour un demi-milliard de personnes. Enjeu économique colossal, le commerce mondial de la banane est estimé à 14 millions de tonnes et pèsent 4.9 milliards de dollars. En 2010, la Nouvelle-Calédonie a produit 7000 tonnes de bananes dont 6000 tonnes ont été produites en tribu*.

Menaces. Le bananier est originaire d'Asie du Sud-est et se trouve encore présent à l'état sauvage aux Philippines, en Papouasie Nouvelle-Guinée et en Indonésie. C'est l'une des plantes les plus anciennement domestiquées par l'homme qui, au gré des colonisations de nouvelles terres, l'a disséminée dans toutes les régions inter tropicales et subtropicales humides. Aujourd'hui, le groupe de bananiers le plus répandu dans le monde (genre Musa), comprend 180 espèces sauvages et plus d'un millier de variétés de bananes dites « dessert » ou « à cuire ». Cependant, le commerce mondial est dominé par la culture quasi exclusive d'une seule variété, la banane Cavendish, et son système de culture intensif se trouve actuellement fragilisé par une multitude de fléaux (maladies, ravageurs, perturbations climatique). Face à des stratégies de lutte chimique qui montrent leurs limites (toxicité pour l'homme, pollution des sols, apparition de résistances), la sélection et l'amélioration des variétés de bananiers deviennent un enjeu majeur de sécurité alimentaire et se situe au cœur de plusieurs programmes de recherche internationaux.

Valeurs. C'est dans ce contexte, que l'équipe de Valérie Kagy, chercheure en agronomie tropicale à l'IAC, mène depuis deux ans un programme de caractérisation des bananiers de Nouvelle-Calédonie et d'Océanie afin de reconstituer une collection biologique saine. Berceau de la domestication primaire de cette herbe géante, le Pacifique sud héberge un réservoir de bananiers uniques et originaux, les bananiers plantains du Pacifique, issus d'un important processus de diversification. Certaines variétés anciennes présentent des caractéristiques nutritionnelles intéressantes ou des qualités de résistance à certaines maladies. A terme, l'amélioration variétale permettra d'optimiser la gestion et la valorisation de cette ressource à l'échelle locale, régionale et internationale.

Collections. Ainsi, 105 variétés de bananiers originaires des îles du Pacifique (Papouasie Nouvelle-Guinée, NC, Iles Cook, Polynésie, Micronésie, Iles Salomon, Samoa, Fidji, Hawaii et Vanuatu) sont en voie de caractérisation selon des critères morphologiques et génétiques. Les analyses préliminaires révèlent que les bananiers Plantains du Pacifique se structurent en trois groupes dominants (Maoli, Iholena et Maoli/Pop'ulu de PNG) avec une originalité génétique indéniable chez les bananiers de Nouvelle-Calédonie, probablement lié à un isolement ancien. Dans les tribus kanaks, les bananiers anciens occupent une fonction sociale, symbolique et spirituelle importante. Ils sont l'objet de soins privilégiés et certains d'entre eux identifient les clans. En 2011 et 2012 plusieurs campagnes de prospection dans l'archipel ont permis de redécouvrir des variétés anciennes (introduits lors de la colonisation austromélanésienne) et d'enrichir la collection de bananiers de Nouvelle-Calédonie. Celle-ci comprend actuellement 22 variétés qui sont doublement sécurisée sous la forme in vitro au CePaCT** de Fidji. D'autres bananiers ont été repérés dans les trois provinces et feront l'objet d'une mise en collection. De quoi assurer un régime de haute sécurité aux bananiers de Nouvelle-Calédonie !

* source recensement agricole 2010 et enquête agriculture en tribu de l'IAC
** Centre de conservation des ressources phytogénétiques alimentaires et agricoles du Pacifique


Retour : Actualités