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Mission d'expertise Cirad

 

missioncirad1La chambre d’agriculture et l’institut agronomique néo-Calédonien (IAC) organisent du 6 au 10 avril 2015 une mission d’expertise sur les bananiers poingo de Nouvelle-Calédonie.

Contexte. Avec la progression du Bunchy top et la présence de charançons du bananier, il devient de plus en plus difficile de trouver des plants de bananes poingo sains pour planter de nouvelles parcelles. L’une des pistes explorée pour préserver cette filière de production serait de multiplier les bananiers poingo via la technique de multiplication in vitro. Cette technique nécessite de bien connaître la banane poingo dans son contexte de culture d’où le recours à une expertise pointue. Le Groupement de Défense Sanitaire du Végétal (GDS-V) et l’Institut agronomique néo-Calédonien (IAC) explorent la piste de la multiplication in vitro à partir de plants sains.

MosaïquemissionCiradObjectifs de la mission d’expertise - Marie Line Caruana, virologue des plantes au Cirad de Montpellier et spécialiste des virus des bananiers, sera en mission du 6 au 10 avril. Elle sera accompagnée de Valérie Kagy, physiologiste des plantes tropicales à l’IAC et spécialiste des bananiers de Nouvelle-Calédonie ainsi que d’experts épidémiologistes du GDS-V. La chercheuse du Cirad évaluera la situation virale des bananiers poingo de Nouvelle-Calédonie et évaluera comment sécuriser la production locale en sélectionnant des plants sains. Des visites seront organisées chez plusieurs producteurs de bananes poingo à Poindimié, au Mont Dore, à La Foa, afin de récolter des données physiologiques et épidémiologiques.

 

Recherches. L'IAC mène des recherches sur les bananiers de Nouvelle-Calédonie depuis une quinzaine d'année. Les études récentes conduites par Valérie Kagy et son équipe sur les liens de parenté entre les bananiers du Pacifique Sud ont montré que les bananiers de Nouvelle-Calédonie constituaient un groupe à part et présentaient une véritable originalité génétique. Face aux menaces qui pèsent sur les bananiers à l'échelle locale mais aussi à l'échelle mondiale, la préservation et la sécurisation de ce patrimoine biologique unique deviennent un enjeu de sécurité alimentaire et une voie de recherche importante pour l'IAC. La collection de bananiers locaux comprend actuellement 22 variétés et leur sécurisation par la production de plants sains in vitro est une piste qui sera explorée si les résultats de la mission d'expertise sont concluants.

 

Légende photo 1 :Julien Drouin (ingénieur agronome IAC), Marie Line Caruana (virologue Cirad) et Valérie Kagy (physilogiste des plantes IAC). ©IAC / E. Bonnet-Vidal

Légende photo 2 :Evaluation de l'état sanitaire d'une plantation de bananiers à Port Laguerre, le 09 avril 2015 avec Cirad, IAC, Chambre d'agriculture, DDR, Sivap. ©IAC/E. Bonnet-Vidal

 

 

Conférence scientifique vendredi 10 avril 2015 à 10 h 00

« Le virus de la mosaïque en tirets du bananier, ami ou ennemi des bananiers ? Ou comment un cas de parasitisme extrême devient un outil d’amélioration de la sélection des bananiers ».

Campus IRD, Salle 2

Par Marie Line CARUANA

Résumé : Ces dernières années, l’analyse du patrimoine génétique d’un grand nombre de plantes a permis de découvrir, au cœur des génomes, la présence d’une multitude de séquence d’ADN d’origine virale révélant un processus d’invasion massive et d’infections virales ancestrales. Ce parasitisme génétique,  de prime abord contre-nature puisqu’il ne fait pas partie du cycle de reproduction naturel des virus à ADN, rend les plantes plus ou moins sensibles aux maladies. En effet, la présence de génomes viraux partiels peut conférer aux plantes une certaine résistance aux virus apparentés, tandis que la présence de génomes complets, reconstitués au fil des infections successives,  peut, sous l’action d’un stress, déclencher la production de virions et donc une infection.

Le génome du bananier comprend des séquences ADN de virus de la mosaïque en tirets, ou Banana streak virus (BSV). Ces intégrations, dénommées eBSV, sont variables d’une espèce de bananier à une autre (nombre de séquences, nombre de copies, structure) et elles sont très présentes chez les bananiers du genre Musa, les plus cultivés dans le monde. Sélectionner et cultiver des bananiers plus résistants aux maladies virales est donc un enjeu économique majeur.

Afin de mieux comprendre les mécanismes d’intégration et d’activation de ces séquences virales, une équipe du Cirad dirigée par le Dr Marie Line Caruana a déterminé la structure des espèces virales les plus souvent rencontrées lors des épidémies de bananiers. C’est dans ce contexte que la spécialiste du Cirad évoquera  ses travaux de recherche et combien le dépistage de séquences « amies » ou « ennemies » au cœur du génome des bananiers est une voie à prendre en compte dans les schémas d’amélioration du bananier.

Présentation de la conférencière Marie Line Caruana est chercheuse en virologie des plantes tropicales au Cirad de Montpellier. Elle est responsable de l’équipe « 2B2E » Biodiversité des Badnavirus exogènes et endogènes au sein de l’UMR « BGPI » Biologie et Génétique des Interactions Plantes-Parasite. Elle est spécialiste des virus de bananiers puisqu’elle a fait sa thèse sur le Bunchy Top et que ses activités de recherche se focalisent depuis ces 15 dernières années sur la problématique du virus BSV et l’amélioration des stratégies de sélection des bananiers.

 

 

 Partenaires :


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Contacts :

Estelle BONNET-VIDAL, Chargée de communication scientifique IAC

 70 86 50 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Valérie KAGY, Chercheure en physiologie des plantes tropicales

 43 73 18 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

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