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Conflits fonciers



Objectifs

La thèse intitulée « les changements sociaux et identitaires de la société Kanak et leur redéfinition du rapport au foncier » entend répondre aux questions suivantes : quelles sont de nos jours les valeurs associées à la terre par la société kanake ? Comment s’expriment ces nouvelles valeurs dans la pratique ? Y-a-t-il des décalages entre les valeurs prônées et le discours tenu ? Comment les Kanaks vivent ce lien à la terre finalement, et comment ce lien permet de construire cette identité nouvelle basée sur le foncier.

 

Activités

Il s’agit de définir au travers des recherches de terrain, VKP (Voh Koné Pouembout), Hienghène, et Ouvéa (en cours de préparation) comment le lien à la terre Kanak se traduit et se pratique de nos jours. En effet, l’Accord de Nouméa reconnait ce lien particulier à la terre.

Travailler, observer et analyser ce lien particulier à la terre, socle identitaire de la société Kanak, c’est quelque part aller sonder cette société dans son être. Etudier ce lien dans son évolution historique permet un éclairage sur l’évolution de l’identité Kanak et de sa société. On peut au travers de ce biais y voir les évolutions des représentations Kanak du rapport au foncier, les valeurs associées à ce foncier, et la mobilisation d’un discours sur ce foncier comme légitimant une position en fonction des sphères. Donc en fait, définir l’identité foncière Kanak d’aujourd’hui et les changements opérés.

Les premiers résultats de terrain mettent en lumière un changement dans la conception spatiale Kanak. Autrefois caractérisé de conception spatiale réticulée par Joël Bonnemaison, on peut dire qu’aujourd’hui celle-ci est conjuguée avec une conception spatiale différentielle (cf. Gille Sautter), l’avènement de la « limite-frontière » étant le révélateur de cela. L’enjeu est de contrôler l’espace.

Les changements dans les modes de vie et leurs implications (urbanité, scolarisation, salarisation …) induisent également ce changement de lien à la terre. Le rapport au foncier s’individualise (parcellisation menée par l’ADRAF notamment) ou se restreint par exemple. Concomitamment à cela se reformule des territorialités nouvelles. Le rapport au foncier et le lien à la terre tel qu’ils se définissent actuellement peut parfois s’expliquer par les politiques foncières de l’époque coloniale, où tout un arsenal juridique est créé pour encadrer les choses.

Plusieurs paramètres entrent en considération dans la reformulation ou la recomposition du lien à la terre et la géo-localisation des territoires claniques ou familiaux en est un de poids. En effet le rapport au foncier et le lien à la terre diffèrent que l’on soit dans une zones à fort enjeux ou pas.

Dans un contexte politique inédit de décolonisation qui prône le rééquilibrage, l’aménagement et le développement des territoires constituent des enjeux importants. Et cette thèse se propose d’analyser les modalités de prise en compte de ce lien à la terre dans ce domaine. L’urbain en devenir dans la zone VKP peut jouer sur la prise en compte de ce rapport au foncier. L’enjeu étant une meilleure acceptation des projets d’aménagement ayant pour socle ce lien particulier à la terre.

Partenariats

Université de Pau,
Province des Iles,
Institut de recherche pour le Développement

Financement
Gouvernement
IAC
Province des Iles

Durée : 4 ans

Contact
Lopué Luen