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Rapport de convention

2013-BIR-carto facies-foret text

Cartographie et caractérisation des faciès forestiers sur sols volcano-sédimentaires en Province Nord de Nouvelle-Calédonie.

 

Birnbaum Ph, Héquet V, Vandrot H, Ibanez T,  et Blanchard E.
Juin 2013. 49p.
Rapport final
Convention IAC/AMAP/Province Nord n°10C113

Document en texte intégral

Résumé

La flore native de Nouvelle-Calédonie comporte 3 099 espèces de phanérogames et s’élève à 3 371 espèces en y ajoutant les cryptogames (Morat, 2012). Cette richesse floristique rapportée à une faible surface (19 000 km²) fait de la Nouvelle-Calédonie, un territoire très diversifié en comparaison avec les autres îles du Pacifique (Morat, 2012). Cette flore phanérogame est caractérisée par un taux d’endémisme spécifique très élevé (77,8%), avec 96 genres et 3 familles endémiques. La Nouvelle-Calédonie est ainsi le territoire ou le nombre d’espèces endémiques ramené à la surface est le plus élevé au monde (Kier, Kreft et al. 2010). La singularité de la Flore Calédonienne est illustrée par :

- la présence de taxons appartenant aux lignées anciennes des plantes à fleurs comme les Amborellaceae, Annonaceae, Atherospermataceae, Chloranthaceae, Monimiaceae, Trimeniaceae et Winteraceae
- Une forte diversification au sein des familles représentant le coeur de la Flore de l’éocène (Casuarinaceae, Cunoniaceae, Dilleniaceae, Elaeocarpaceae, Fagaceae, Myrtaceae à fruits secs, Proteaceae, Paracryphiaceae et Phellinaceae)
- La présence d’une spéciation intense dans divers genres tels que les Phyllanthus (Phyllanthaceae), les Psychotria (Rubiaceae), les Syzygium (Myrtaceae), les Eugenia (Myrtaceae), les Pycnandra (Sapotaceae)…
Associée à son isolement, sa faible surface et aux menaces qui pèsent sur son environnement, cette diversité floristique fait de la Nouvelle-Calédonie un des « hotspots » majeurs de biodiversité mondiale (Myers, 1988; Myers, N., R. A. Mittermeier, et al. 2000; Mittermeier, Robles Gil et al. 2004). [...]
L’étude de la Flore calédonienne a commencé dès la découverte de l’île par James Cook en 1774 relatée par Forster père et fils (Forster 1786) qui accompagnèrent Cook lors de son deuxième voyage (Morat 1993). Dès lors, la connaissance de la Flore n’a cessé de progresser grâce aux travaux des nombreux botanistes qui se succédèrent sur le Territoire. Ensemble, Montrouzier, Vieillard, Deplanche, Pancher, Sebert et Balansa constituent à la fin du XIXème siècle, le socle d’une collection importante qui ne cessa de grandir. Ces collections ont été pour la plupart envoyées puis étudiées dans divers instituts de recherche et particulièrement au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Elles servent de base aux études taxonomiques et à la production des flores.
Ces travaux préliminaires de taxonomie ont donné naissance à des essais de typologies des milieux axées sur les différences de composition floristique expliquées en partie par l’influence de la pluviométrie, de l’altitude, des sols ou encore de la phytogéographie [...]
Ces typologies pourtant très diversifiées convergent néanmoins sur de nombreuses définitions communes. Elles reposent sur des critères structuraux (forêt dense, forêt claire, maquis, savane), floristiques (distribution, phytogéographie, phytosociologie), édaphiques (ultramafique, calcaire, serpentine, volcano-sédimentaire), hydrométriques (sec, humide, ripicole), et topographiques (littoral, basse, moyenne ou haute altitude) sans qu’il n’y ait de distinctions nettes et consensuelles sur la hiérarchie de ces éléments. A ces paramètres majeurs, il convient de rajouter ceux en lien avec la dynamique forestière qui permettent par exemple d’inscrire dans une trajectoire commune, certaines savanes à Niaouli et les ensembles forestiers qui les jouxtent tant les premières correspondent à un stade de succession entretenu par la présence des feux plutôt qu’à une formation fixée par un corpus de conditions environnementales.
Si ces classifications sont précises et pertinentes, elles restent néanmoins difficilement généralisables et reproductibles. Les paramètres employés restent trop souvent juxtaposés et leurs modalités peu ou pas assez décrites ce qui rend leur utilisation et leur évaluation difficiles.
L’objectif majeur de notre contribution est de dégager les tendances qui permettent de hiérarchiser les paramètres de la végétation en distinguant d’un côté notamment les critères relatifs à la description des peuplements (structure, composition) et de l’autre leur répartition sur le territoire, sur les différents types de sol ou selon le gradient altitudinal. Une forêt est avant tout définie par une structure de végétation qui se mesure dans le plan vertical par une hauteur et un nombre de strates, et dans le plan horizontal par la juxtaposition des couronnes et la densité des tiges. Dans une seconde phase, cette classe de structure s’exprime différemment selon l’altitude, le sol ou l’hygrométrie et se compose in fine de groupements végétaux diversifiés. L’objectif finalisé de cette étude est de tendre vers une classification plus fine des formations végétales. Dans un premier temps, il est nécessaire de synthétiser les connaissances et de parfaire la délimitation cartographique des formations forestières qui recouvrent le substrat volcano-sédimentaire.

Ce rapport préliminaire oeuvre dans ce sens et contribue à spécifier les différents points suivants :
  • produire une cartographie des forêts denses humides sur substrat volcano-sédimentaire
  • hiérarchiser les unités étudiées d’après leur structure et/ou leur composition floristique
  • identifier les déterminants de la structure et/ou la composition des unités observées
  • définir la/les échelles les plus significatives pour expliquer les structures observées
  • analyser la pertinence des outils actuellement utilisés et les redéfinir au besoin
  • poser les bases d’une typologie des habitats
  • insérer les cartographies réalisées sur sols ultramafiques (avenant 2 convention 10C113)