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Rapport de convention 2015

pittos-couvDiversité des Pittosporum de Nouvelle-Calédonie


Maggia L
.

2015

Rapport d'étude sur fonds public
Rapport de recherche CEN/P-FS/IAC
27p.

Document confidentiel

Résumé
Le genre Pittosporum est très diversifié en Nouvelle-Calédonie (45 espèces décrites) et comprend notamment des espèces de forêt sèche menacées par la destruction de cet habitat. La phylogénie du genre à l’échelle locale, établie à partir de séquences d’ADN, met en lumière la complexité des liens qui unissent les différentes espèces néo-calédoniennes et la proximité génétique de certaines d’entre elles. La taxonomie en cours du genre est, pour partie, remise en cause par les nouveaux résultats acquis à l’occasion de cette étude. Ayant radiées d’un seul phylum, un seul événement de colonisation, l’ensemble des espèces du territoire affichent aujourd’hui dans son panel une grande diversité tant sur le point spécifique que sur des critères environnementaux comme celui de l’aptitude à croître sur des substrats très contraints. La pauvreté en éléments nutritifs qui caractérise certains substrats, la présence de métaux lourds en milieu ultramafique, et/ou l’aspect aride qui peut y régner, sont des facteurs qui pèsent fortement sur la capacité des espèces à pouvoir s’installer dans ces types de milieu. Parmi les Pittosporum de Nouvelle-Calédonie, il est possible d’identifier effectivement des espèces strictement inféodées à certains milieux et d’autres admettant un plus large potentiel d’implantation. Pour ces dernières, notre étude a permis de révéler qu’en faite il y avait des différences taxonomiques au niveau de leur génome, faisant d’elles des écotypes moléculaires. Ce résultat supporte l’idée de radiations en cours, voir même déjà abouties, menant à termes à l’avènement de nouvelles espèces. L’isolement géographique, sur le long terme, et aussi un facteur de radiation qui peut conduire à de la spéciation et donc également à une augmentation in fine du nombre d’espèces pour le genre en question. Ce phénomène d’isolement géographique a lui aussi été observé à l’occasion de nos travaux. L’exemple du cas des P. coccineum semble être représentatif de ces deux dynamiques évolutives. Réparti sur trois zones géographiques disjointes, Ile Art (Belep) sur substrat ultramafique, au nord de la Grande Terre avec la cote ouest toujours sur substrat ultramafique, et la cote est non ultramafique, cette espèce botanique admet trois taxons moléculaires bien distincts. Ce résultat, qui n’est pas propre à la seule espèce P. coccineum dans le cas des Pittosporum de Nouvelle-Calédonie, nous oblige à repenser la gestion globale de la diversité floristique du territoire en faisant plus attention aux caractéristiques des environnements qui accueillent des populations d’une même espèce botanique, en attendant des investigations plus à même d’apporter les informations nécessaires à des différenciations d’ordre fonctionnelle (outils moléculaires).