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Rapport de convention 2015

2015-rongeurs impacts bulimes-txtCompte rendu des activités 2013-2014 relatives à la poursuite d'une étude pilote d'empoisonnement des rongeurs en situation Mainland Island en vue du rétablissement d'une population de bulimes sur le site de forêt sèche de Nékoro (Poya.


Brescia Fabrice
.

2015

Rapport de recherche
Convention Programme Forêt Sèche / IAC / CEN

Rapport final (juillet 2015), 38p.

Document confidentiel

Résumé
Un essai original de régulation des rongeurs par empoisonnement en système « Mainland Island »: impact sur la démographie des bulimes de forêt sèche Une des menaces principales qui pèse sur les populations de bulimes de forêt sèche est la prédation par les rongeurs introduits, qui consomment systématiquement tous les stades juvéniles et entravent le recrutement au sein des populations d’escargots.
Un essai original de régulation des rats par empoisonnement est réalisé au sein du conservatoire de Nékoro. Cent vingt cinq stations d’empoisonnement sont réparties aux alentours de quadrats permanents, selon un carroyage de 100 m x 100 m et permettent larégulation d’environ 23 ha de forêt. L’empoisonnement est conduit sur 5 quadrats fixes de 20 x 20 m correspondant aux traitements ; 5 autres quadrats fixes de 20 x 20 m éloignés de la zone traitée constituent les lots témoins. Mensuellement, les stations sont réapprovisionnées en poison (Diphacinone 3%, Pestoff Rodent Bait 50 D), et les populations de rats sont suivies grâce à l’utilisation de tunnels à empreintes. Un état 0 a caractérisé la structure de population de bulimes au sein de chacun des quadrats permanents ; après empoisonnement cette population d’escargots a été suivie après 6 mois (T+6), après 15 mois (T+15), après 30 mois (T+30), 42 mois (T+42), 54 mois (T+54) et enfin 73 mois (T+73) d’empoisonnement.

L’essai met en évidence que la population de rongeurs peut être régulée et maintenue à des niveaux très faibles par empoisonnement en situation « Mainland Island » en Nouvelle-Calédonie, et en forêt sèche en particulier. C’est d’ailleurs le premier essai de ce genre sur la Grande-Terre avec pour objectif la restauration d’une population d’une espèce native. L’utilisation du poison a permis de réduire et maintenir la population de rongeurs à des niveaux très bas; un abaissement de 95 à 100% de cette population a été possible. Après 73 mois d’empoisonnement, notre essai a mis en évidence des changements significatifs en ce qui concerne les proportions de bulimes juvéniles dans les sites régulés par rapport aux zones témoins. Une constante augmentation du nombre cumulé des bulimes juvéniles nouveaux (les bulimes nouvellement rencontrés et identifiés lors d’une session de fouilles des quadrats) est enregistrée au cours du temps dans les zones témoins ou traitées. Au final, l’empoisonnement a permis le doublement de la population initiale de bulimes.
L’empoisonnement a aussi affecté les zones témoins ; tous les sites ont alors vu leur population de rongeurs chuter et ce qui a pu masquer des différences affirmées entre zones empoisonnées et zones témoins.

 La régulation en système Mainland Island en forêt sèche doit être envisagée sur plusieurs années avant de d’en voir les bénéfices.

 Le suivi montre que les escargots géants Africains constituent un sérieux frein à la technique d’empoisonnement car ils occupent et utilisent les stations comme abris, et consomment la majorité de l’appât ; leur présence contribue à faire augmenter les coûts de l’opération. Les opérations futures de régulation des rongeurs introduits en Nouvelle-Calédonie devront prendre en compte cette problématique Achatina (les néo-Zélandais leaders en matière de lutte contre les rats n’y étant pas confrontés car l’escargot africain n’est pas présent dans le pays) et en particulier réfléchir à identifier les techniques de lutte adaptées et à rendre moins attrayantes les stations d’empoisonnement initialement destinées aux rongeurs.

 Cet essai de recherche-action contribue à alimenter la réflexion pour la mise en place de plans de gestion pour les rongeurs introduits sur la Grande-Terre, en forêt sèche en particulier, adaptés au contexte spécifique de la Nouvelle-Calédonie.